Sur
cette photo j'ai le regard qui fixe avec une certaine gravité
l'objectif. Je pense que j'aurais dû mentionner que j'étais vêtue
d'une petite robe rose ajourée très jolie mais qui se révélera
inutile pour affronter le froid de décembre dans un village des
préalpes. Mes mains se tiennent, les doigts se croisent et se
décroisent comme impatients du voyage.
J'étais étonnée de la composition de la photo avec ma grand-mère à mes côtés car je ne m'en souvenais pas du tout. Je ne me souvenais pas de cette grande femme foncée et qui semblait plus sérieuse encore que moi. Elle était habillée avec un ensemble, une jupe et un haut blanc cassé à taches brunes. Sa tête était attachée par un foulard blanc comme celle de ma tante. Je ne me souviens pas de ma grand-mère mais elle avait fait le déplacement depuis l'autre bout du pays pour venir dire bon voyage à ses petits-enfants, sacrée bout de femme, un vrai potomitan devant moi, sa petite-fille de 5 ans. J'avais oublié que ma tante avait été jeune et mince. Elle porte aussi sur la tête un foulard blanc comme sa mère. Son visage à elle aussi est d'une certaine gravité. Ma tante se tient aussi à mes côtés, à ma droite. Elle est debout près de moi comme elle l'a toujours été. Ces deux femmes m'entourent d'une bienveillance sans limite mais dont elles ont toujours contrôlé les frontières de l'étendue de son application avec énergie sans jamais baisser leur garde.
J'étais étonnée de la composition de la photo avec ma grand-mère à mes côtés car je ne m'en souvenais pas du tout. Je ne me souvenais pas de cette grande femme foncée et qui semblait plus sérieuse encore que moi. Elle était habillée avec un ensemble, une jupe et un haut blanc cassé à taches brunes. Sa tête était attachée par un foulard blanc comme celle de ma tante. Je ne me souviens pas de ma grand-mère mais elle avait fait le déplacement depuis l'autre bout du pays pour venir dire bon voyage à ses petits-enfants, sacrée bout de femme, un vrai potomitan devant moi, sa petite-fille de 5 ans. J'avais oublié que ma tante avait été jeune et mince. Elle porte aussi sur la tête un foulard blanc comme sa mère. Son visage à elle aussi est d'une certaine gravité. Ma tante se tient aussi à mes côtés, à ma droite. Elle est debout près de moi comme elle l'a toujours été. Ces deux femmes m'entourent d'une bienveillance sans limite mais dont elles ont toujours contrôlé les frontières de l'étendue de son application avec énergie sans jamais baisser leur garde.
De ne
pas oublier que le jour de notre départ ma tante et ma grand-mère
nous avaient accompagnés et campées droites et solides avec un
fichu blanc sur leur tête, elles étaient deux cierges qui
illuminaient le chemin de la petite fille de 5 ans que j'étais.

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