lundi 26 novembre 2018




De ne pas oublier que mes cheveux frisés avaient été brossés et tirés au prix d'une domestication douloureuse qui devait faire de moi une petite fille sage.


Le sérieux de mon regard me rappelle que c'était toute une affaire de porter l'uniforme pour se rendre à l'école. J'avais deux rubans blancs et bleus dans les cheveux. L'un formait un large noeud autour de la tresse de devant, l'autre serrait la seconde tresse derrière ma tête. Ma robe était bien repassée. Le haut sans manche était maintenue à ma taille par une ceinture de la même couleur sous laquelle partaient les plis comme s'il s'agissait d'une jupe. Dessous la robe je portais un chemisier à petits carreaux dont les couleurs s'accordaient avec le ruban posé au sommet de mon crâne. Ma main droite caressait des roses rouges et roses en plastique plantées dans un vase en bois d'acajou. L'autre main tombait le long de mon corps. Mes mocassins bleus foncés couvraient le dessus de mes pieds. Une chaussette tendue remontait sur ma jambe droite tandis que celle de la jambe gauche fatiguée de tout ce sérieux avait commencé à glisser vers mon mollet.

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