De ne
pas oublier que mes cheveux frisés avaient été brossés et tirés
au prix d'une domestication douloureuse qui devait faire de moi une
petite fille sage.
Le
sérieux de mon regard me rappelle que c'était toute une affaire de
porter l'uniforme pour se rendre à l'école. J'avais deux rubans
blancs et bleus dans les cheveux. L'un formait un large noeud autour
de la tresse de devant, l'autre serrait la seconde tresse derrière
ma tête. Ma robe était bien repassée. Le haut sans manche était
maintenue à ma taille par une ceinture de la même couleur sous
laquelle partaient les plis comme s'il s'agissait d'une jupe. Dessous
la robe je portais un chemisier à petits carreaux dont les couleurs
s'accordaient avec le ruban posé au sommet de mon crâne. Ma main
droite caressait des roses rouges et roses en plastique plantées
dans un vase en bois d'acajou. L'autre main tombait le long de mon
corps. Mes mocassins bleus foncés couvraient le dessus de mes pieds.
Une chaussette tendue remontait sur ma jambe droite tandis que celle
de la jambe gauche fatiguée de tout ce sérieux avait commencé à
glisser vers mon mollet.

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