Soie, satin, sexe,
latex, rouge, rose, rubis, porte, bouche, ouverture, blessure.
Un rectangle de
verdure tondu dru sur ton mont de Vénus. L’herbe desséchée de ta chevelure
rasée s’enflamme en feu de joie. L’herbe desséchée de ton pubis rasé se consume
devant nos yeux. Crépitements. Craquements. Odeur de terre brûlée. Des milliers
de papillons jaunes et noirs s’élèvent vers la cime des arbres. Qu’ils
rapportent à l’univers que nous t'avons soumise. Tu es nôtre. Tu nous
appartiens jusqu’à ton dernier souffle.
Une tache rouge comme
trace de la profondeur de nos ébats. Des mains fébriles qui te fouillent Rouge.
Vif. Frais. Vermeil. Preuve de l’honneur et de la dignité d’un sol vierge où
glisser, s’enfoncer jusqu’à te perforer.
Lune de miel à nulle
autre pareille. Jouir de toi. Ou plutôt de cette béance qui bave sur ton flanc.
Te déflorer encore et encore. Au paroxysme de notre puissance.
Nous n'avons pas
besoin de ta tête. Ni de tes yeux mouillés qui nous accuseraient. Ni de tes
lèvres boudeuses sur une gueule entre abandon et rage. Nous n'avons même pas
besoin de tes jambes. Cette fente nous suffit. Rouge. Luisante. Tu nous
éclabousses. Nous buvons ta sève. Merveilleux elixir. Nous sommes à toi. Nous
t’appartenons du premier jusqu’à notre dernier souffle. Portique de la
naissance et de la mort. Sans toi nous ne sommes rien. Si ce n’est une goutte
de sang séché au coin d’une déchirure vaginale.